Histoire et patrimoine

L'histoire de Saint Georges du Bois

Composée d’un centre-bourg, de 5 villages (Chaillé, Poléon, Curé, Fortenuzay et la Grange du Commandeur) et de quelques fermes, la commune possède une riche histoire. Ses témoignages architecturaux les plus prégnants sont les vestiges d’un théâtre gallo-romain découverts en 1976, l’église Saint Georges (XVIe siècle), le château de Poléon (1638), l’ancienne mairie (XIXe et XXe siècles) et encore un Fanum (sanctuaire) gallo-romain, découvert en 2009 grâce à la prospection aérienne.

Peu d’évènements historiques ont marqué son passé. Mais nous savons toutefois qu’elle fut habitée par les Xantons et les Romains : les vestiges du théâtre Gallo-Romain découverts en 1976 en témoignent.

Église de Saint-Georges du Bois

Saint Georges au Moyen Âge

On retrouve la paroisse de Saint Georges du Bois citée en 1179 sous le nom d’Argenton dans une charte de Richard 1er d’Angleterre, dit Cœur de Lion, futur roi d’Angleterre. Le sujet ? Une affaire de droit de passage de l’aumônerie Saint-Gilles de Surgères dans la forêt d’Argenton.

C’est certainement de cette époque que date l’origine de son nom. Saint Georges était le saint patron de l’Angleterre dont les armées occupèrent longtemps la région. À noter que sous la Révolution française, pas avare de changements administratifs, la commune reprend le nom d’Argenton.

Le territoire appartient d’abord aux ducs d’Aquitaine, puis en 1253 à Alphonse comte de Poitiers et frère de Saint Louis. À sa mort, ses terres reviennent à la couronne. Elles sont ensuite démembrées en 1307 en fiefs distincts : Poléon et le comté de Benon. La même année, le roi Philippe Le Bel échange sa terre de Poléon contre celle de Rochefort, propriété de Pierre Bouchard, afin d’y construire un port de guerre qui sera réalisé par Colbert en 1666.

Lors de la guerre de Cent Ans, le territoire est envahi par les Anglais, avant d’être libéré en 1373.

Saint Georges à l’époque moderne

Vers 1560, la baronnie passe aux mains des Parthenay, seigneurs de Soubise, puis en 1575 à la famille de Rohan. En 1636, le duc de Rohan cède la baronnie de Poléon à Jean Pascault, échevin et lieutenant au présidial de La Rochelle.

Église de Saint-Georges du Bois

Saint Georges à l’époque moderne

Le 13 février 1888, Eugène Biraud, cultivateur établi à Surgères, fonde au hameau de Chaillé la première coopérative laitière en France. Au début de cette aventure agroalimentaire pionnière, douze adhérents apportent leur lait. Ils l’écrèment eux-mêmes chacun à son tour. À la fin de l’année, on compte 168 sociétaires au sein de la coopérative. (source : « Les laiteries de la Vendée », J. Lartaut, Persée)

Panthéon de Chaillé

Le succès devient vite retentissant et sur le modèle imaginé par Eugène Biraud, qu’il a lui-même adapté des coopérations expérimentées dans la région pour la boulangerie et les fruitières du Jura, de nombreuses coopératives essaiment un peu partout dans le canton de Surgères et, au-delà, dans les Deux-Sèvres et en Vendée. C’est le dynamisme de ce mouvement laitier coopératif né à Saint Georges du Bois qui a servi de socle au développement global de l’industrie laitière en Poitou-Charentes. Son succès a même entraîné l’apparition d’un modèle architectural de laiterie coopérative qui sera suivi jusque dans les années 1930. (source : « L’histoire des laiteries et des fromageries », Inventaire du patrimoine, Région Nouvelle-Aquitaine).

À l’origine de cette « success story » avant l’heure, une anecdote amusante : Eugène Biraud se charge de la première expédition de beurre vers Paris en se rendant à la gare de Surgères avec une brouette… chargée de seulement trois mottes !

Vous souhaitez en savoir plus sur la coopérative laitière de Chaillé ? Soyez curieux et consultez les sites suivants, très complets :

Saint Georges, terre de cognac et l'après-guerre

Si l’histoire de la commune est souvent associée à l’industrie laitière, on en oublie parfois l’importance du cognac et des nombreuses distilleries locale. Au XIXe siècle, Saint Georges du Bois est un territoire viticole animé par les négociants distillateurs. Il reconnu pour son eau-de-vie de cognac cru « Bois ordinaires ». L’ancienne coopérative laitière située au 224 rue Eugène Biraud était encore en 1920… une distillerie coopérative ! La crise du phylloxéra détruit malheureusement les vignes vers 1885, ouvrant la voie à la prédominance des céréales et de l’élevage.

L’après-guerre de 1945 améliora le travail agricole et industriel. Cela a permis à la commune, bien que rurale et contrairement à beaucoup d’autres, d’augmenter régulièrement sa population et de se développer. Saint-Georges du Bois est entourée d’une belle campagne aux routes et chemin paisibles au détour desquels vous pourrez admirer son église romane et flâner dans son parc municipal. Jusqu’à la tempête dévastatrice de décembre 1999 de magnifiques cèdres ombrageaient les allées et le petit pont de bois. Le parc municipal a été rénové et replanté.

Monument aux morts de Saint-Georges du Bois